Faire de la place pour la suite
Il y a quelques jours, nous avons eu les clés de notre nouveau bureau de Montréal.
Six mois de recherche. Des dizaines de visites. Autant de fois où je me suis dit « non, ce n'est pas encore ça ». Puis, finalement, on a trouvé.
Je reviens tout juste de vacances et le retour se fait à vitesse grand V : logistique, recrutement, aménagement, mille petits détails à régler avant l’ouverture.
Mais au milieu de tout ça, je réalise surtout à quel point j’avais hâte de vivre cette étape. Pas simplement avoir une nouvelle adresse. Créer un deuxième chez-nous.
Une ville que je connais moins
Choisir nos bureaux à Québec, c’était une chose. J’ai vécu toute ma vie à Sainte-Foy. Je connais ses quartiers, ses habitudes, ses repères. Et malgré ça, ça nous avait pris près de huit mois avant de trouver un espace qui nous ressemblait vraiment.
Montréal, c’était différent.
Je n’y ai jamais habité. J’y ai des amis, j’y vais souvent, mais je ne peux pas prétendre connaître la ville comme ceux qui y vivent au quotidien. Alors, dès le début, je me suis beaucoup fiée à notre équipe déjà sur place.
On a visité le centre-ville, le Mile End, Mont-Royal, Villeray.
Et je pense que c’est probablement l’une des choses que j’apprends le plus en faisant grandir une entreprise : être la fondatrice ne veut pas dire être la meilleure personne pour prendre toutes les décisions. Il faut aussi savoir écouter ceux qui connaissent mieux le terrain.
L'équipe avant le bureau
Avant même de trouver l’immeuble, on avait déjà commencé à bâtir quelque chose à Montréal. Je ne voulais pas ouvrir les portes un lundi matin avec une dizaine de nouvelles personnes qui ne se connaissent pas encore en leur disant : « Bon, maintenant, créons une équipe. » Alors on a essayé de faire l’inverse.
Depuis environ un an, notre présence à Montréal se construit tranquillement. Nos avocates y travaillent déjà, les façons de collaborer se sont installées progressivement et les liens se sont créés avant même qu’on ait une adresse permanente. Le nouveau bureau ne marque donc pas vraiment le début de Blouin Avocats à Montréal. Il donne plutôt une maison à quelque chose qui était déjà en train de grandir. Et, au fond, c’est probablement ce dont je suis la plus contente.
Un bureau reste un espace. Ce sont les gens qui vont lui donner sa personnalité.
Faire de la place pour ce qui s’en vient
Au moment de l’ouverture, nous serons une dizaine de personnes dans près de 6 000 pieds carrés. Dit comme ça, je sais que ça peut sembler beaucoup.
Et peut-être que ça l’est.
Je ne sais pas encore si Montréal suivra la même trajectoire que Québec, et je ne veux pas prétendre savoir exactement à quoi ressemblera l’équipe dans trois ou cinq ans. Mais je me souviens de nos débuts à Québec : six ou sept personnes dans 2 200 pieds carrés. À l’époque, l’espace nous semblait immense. Aujourd’hui, nous sommes une trentaine et le bureau est plein.
Cette expérience m’a appris à essayer de penser un peu plus loin que nos besoins immédiats. Il y a évidemment une part de risque là-dedans. Mais cette fois-ci, je préférais nous laisser de l’espace pour évoluer plutôt que de choisir uniquement en fonction de ce dont nous avons besoin aujourd’hui.
On verra où Montréal nous mènera.
Le coup de cœur, deux fois plutôt qu'une
J’avais quand même une idée assez précise de ce que je ne voulais pas. Des bureaux très cloisonnés, beaucoup de corridors, un espace où chaque échange doit automatiquement se faire derrière une porte fermée.
Je voulais de la lumière, de l’air et des espaces où les gens puissent naturellement se croiser et travailler ensemble. Puis on a visité l’immeuble de Villeray.
Une ancienne banque, avec une portion résidentielle qu’on va transformer en bureaux. Des plafonds cathédrale, énormément de lumière et surtout beaucoup de possibilités. Ça m’a rappelé nos bureaux de Québec.
À l’origine, c’était un ancien cybercafé avec de grandes portes de garage. Pas exactement l’image qu’on se fait spontanément d’un cabinet d’avocats. Pourtant, avec le temps, cet espace est devenu profondément associé à notre équipe. Je ne pense évidemment pas qu’un beau bureau explique la croissance ou la rétention d’une entreprise. Ce sont d’abord les gens, la façon dont ils sont traités, les possibilités qu’on leur donne et la culture qu’on construit ensemble qui font la différence. Mais je crois quand même que l’environnement peut y contribuer.
Quand on passe une grande partie de ses journées quelque part, la lumière, les espaces communs et la possibilité de discuter facilement avec ses collègues comptent. C’est cette idée que j’aimerais reprendre à Montréal, sans chercher à copier Québec. Parce que j’espère aussi que ce nouveau bureau développera sa propre personnalité.
La suite commence tranquillement
Une fois la décision prise, tout est allé très vite. Recevoir les clés un jeudi et essayer d’être opérationnels dès le lundi, c’est probablement un bon résumé de notre retour de vacances. Il reste encore beaucoup de travail. Une portion de l’immeuble doit être transformée, certains espaces doivent être repensés et il y aura certainement des imprévus en cours de route. Et c’est correct. On n’a pas besoin que tout soit parfait dès le premier jour.
J’ai surtout hâte de voir ce que cet endroit va devenir une fois que l’équipe se l’appropriera. Parce qu’au fond, ce projet représente moins l’ouverture d’un bureau que la prochaine étape d’une aventure qui s’est construite progressivement.
À Québec, on a appris énormément en avançant.
À Montréal, on va sûrement continuer d’apprendre.
Et c’est peut-être ça, finalement, voir plus grand : non pas être certaine de savoir exactement où l’on va, mais créer suffisamment d’espace pour découvrir jusqu’où l’on peut aller.
